Les Justices dans l'Islam médiéval et moderne

La justice en Islam fut longtemps caractérisée par sa pluralité. Au Moyen Âge comme à l’époque ottomane, les représentants de diverses institu­tions possédaient des com­pétences judiciaires : ī (juge ordinaire), āib al-shura (chef de la police), mutasib (inspecteur des marchés), āib al-maālim (officier en charge du redressement des abus), gouverneurs, califes, etc. Le rôle de chacun des tribu­naux correspondants n’était pas toujours défini et leurs juridic­tions se chevau­chaient souvent. L’existence de tribunaux propres aux communautés non musulmanes venait encore accen­tuer la complexité de ce foisonnement insti­tutionnel. Ce colloque pro­pose d’étudier cette pluralité afin de mieux en appréhender le fonc­tionnement. À partir d’études de cas, des histo­riens spécialistes de plusieurs régions de l’Islam médiéval et mo­derne (Anda­lousie, Maghreb, Égypte, Moyen-Orient) se pen­cheront sur les inter­ac­tions entre ces institutions parfois concur­rentes. Ils mettront en évidence les enjeux so­ciaux et politiques d’un pluralisme judi­ciaire qui fut, bien sou­vent, l’objet de manipula­tions de la part des plaideurs comme des autori­tés éta­tiques.