« France-Liban : Lyon, une dette oubliée »
Profitant du passage du recteur de l’Université Saint-Joseph, le Professeur Salim Daccache s.j. à Paris, à l’occasion de la journée consacrée à la relation entre le général de Gaulle et le Liban - « Les Libanais et de Gaulle »-, le bureau de l’Association des anciens de l’USJ en France a convié anciens et amis de l’Université à une conférence donnée par le Docteur François Boustani, membre correspondant de l’Académie des sciences et des lettres de Montpellier, et intitulée « France-Liban : Lyon, une dette oubliée ».
Plus de 140 personnes étaient au rendez-vous, notamment, les ambassadeurs Boutros Assaker, Khalil Karam et Issam Haidar, les ministres Hervé de Charette, Fouad el Saad, Marwan Hamadé et Selim Jahel, les Professeurs Philippe Merle, André Decocq, Pierre Delvolvé, Jean Acar, Jacques Acar et Jacques Cormier, ainsi que Mmes Vénus Khoury Ghata, Clotilde de Fouchecour et Souad Tabbara.
Après un mot d’accueil du président de l’Association Dr Amine Arsane qui a évoqué l’importance de la reprise des activités de l’Association et son objectif d’appuyer « l’Université-mère », c’était au tour du recteur le Pr Salim Daccache de s’adresser à l’Assemblée et se présenter « comme le 26ème recteur de l’Université depuis sa fondation en 1875 en lien structurel avec la ville de Lyon puisque des facultés comme la Médecine, le Droit et l’Ingénierie ont été fondées grâce à l’appui de la ville et de ses universités. Longtemps les diplômes de l’USJ étaient validés par les universités lyonnaises. Signe de l’appui moral, intellectuel, académique, matériel et spirituel, la présence massive de jésuites lyonnais sur la terre libanaise et dans les institutions jésuites au Proche-Orient. »
Et d’enchaîner :« Lorsque j’étais candidat à la Compagnie de Jésus en 1973-74 au Collège Notre Dame de Jamhour, il y avait encore une dizaine de bons pères venant du Lyon en poste au Collège. Cette présence laisse jusqu’aujourd’hui ses bonnes traces sur le patrimoine intellectuel et spirituel qu’ils ont laissé au niveau de l’Université qui continue sa mission et sa marche. » Le recteur mit l’accent aussi dans son intervention sur la triple « mission de l’USJ, qui a vu le nombre de ses étudiants doubler depuis une quinzaine d’années puisque les facultés de l’Université accueillent aujourd’hui plus de 12 000 étudiants ».
« Cette mission, ajoute le recteur, vise en premier lieu la formation de générations de diplômés compétents et engagés au service du développement du Liban et de la région. Tout étudiant de l’USJ devra acquérir en tenant son diplôme à la main trois langues afin de mieux exercer sa profession : le français, l’anglais et l’arabe. Le deuxième aspect de la mission dont s’acquitte l’USJ, est celle d’être un pôle d’innovation et de recherche au service des sciences appliquées, de la technologie et de la santé. Le troisième aspect de la mission est celui qui fait de l’Université une institution nationale, au service du vivre ensemble et de la paix, du dialogue et de la tolérance en des moments où les murs d’exclusion ne cessent de monter entre les confessions. »
Enfin le recteur n’a pas omis de remercier l’Association des Anciens de Paris et son comité pour leur engagement devant les anciens étudiants, en vue de les rassembler comme groupe d’Anciens liés par le sentiment d’appartenance à l’Université.
Par la suite, et s’appuyant sur des photos d’archives et de films, le Dr Boustani relate les étapes qui ont eu une incidence majeure sur l’histoire des relations entre la ville de Lyon et le Liban, à savoir :
- Le commerce de la soie à partir du XIXe siècle qui finit par représenter la moitié du produit national du Liban à la veille de la 1ère Guerre Mondiale. Il provoquera un bouleversement sociologique de la société libanaise de l’époque, avec l’émergence d’une classe moyenne, et l’émancipation des femmes.
- Les missions religieuses qui ont contribué à l’essor spirituel et intellectuel du pays. Le Dr Boustani évoque particulièrement l’action des jésuites dont l’objectif était double : d’un côté, contrecarrer la propagande protestante dont les missionnaires en provenance de Boston se sont installés à Beyrouth huit ans auparavant ; et d’un autre côté, œuvrer dans « l’éducation de la jeunesse à travers le développement d’une classe moyenne grâce à un réseau d’écoles et la création d’une élite par l’enseignement universitaire ». Dans ce contexte, il s’attarde sur les étapes de la fondation des différentes facultés de l’USJ.
Et d’ajouter que cette action jésuite « a permis à Beyrouth de devenir un phénomène social unique dans le monde arabe car elle a été touchée par la grâce de la modernité occidentale et que les libanais se sont situés à l’avant-garde de la Francophonie ».
La dernière partie de la conférence s’est conclue sur le mandat français et la proclamation du Grand Liban.
A l’issue de la conférence, ce fut l’occasion pour les anciens de partager un moment convivial autour d’un cocktail et de discuter avec le Pr Daccache des enjeux de l’avenir, quant au renforcement les liens des anciens avec leur alma mater et leur participation à l’expansion, le rayonnement et la notoriété de l’USJ.
Anglais
Arabic