L’ETIB à l’Assemblée générale de la CIUTI 2026 : réfléchir ensemble à l’avenir des professions langagières

J’ai eu le privilège de représenter l’École de traducteurs et d’interprètes de Beyrouth (ETIB) à l’Assemblée générale de la CIUTI (Conférence internationale permanente d’instituts universitaires de traducteurs et interprètes), qui s’est tenue les 20 et 21 mai 2026 à l’IULM Université de Milan. Cette rencontre internationale a réuni les représentants des institutions membres autour d’une question centrale : comment préparer les professionnels des langues aux profondes transformations engendrées par l’intelligence artificielle et les technologies du langage ?

Au fil des présentations et des échanges, un constat s’est imposé avec force : loin de rendre obsolètes les professions de la traduction et de l’interprétation, l’intelligence artificielle met plus que jamais en lumière la valeur de l’expertise humaine. Jugement critique, créativité, intelligence interculturelle, capacité d’adaptation, maîtrise des technologies et sens éthique apparaissent désormais comme des compétences essentielles pour les professionnels de demain.

Les discussions ont également porté sur l’évolution des programmes de formation, l’importance croissante des compétences transversales, le rapprochement entre universités et industrie, ainsi que la nécessité de mieux faire connaître la diversité des débouchés offerts par les professions langagières. Dans un contexte où les transformations technologiques s’accélèrent, les participants ont insisté sur l’importance de former des professionnels capables non seulement de maîtriser les outils, mais aussi de comprendre leurs limites et d’en faire un usage critique et responsable.

Cette assemblée générale a confirmé la pertinence des orientations déjà engagées à l’ETIB : intégration raisonnée de l’intelligence artificielle dans les formations, développement d’une approche technocritique et éthique, adaptation continue des programmes et valorisation des nouvelles perspectives professionnelles offertes aux diplômés.

Je reviens de Milan convaincue plus que jamais que les professions langagières ont un avenir prometteur. Elles évoluent, se transforment et se réinventent, mais demeurent au cœur d’un besoin fondamental : permettre aux personnes, aux cultures et aux idées de se comprendre dans un monde toujours plus interconnecté. 

 

 

 Mary Yazbeck                               

 Directrice de l’ETIB

 Chef du département de traduction