Le ministère des Affaires étrangères et des Émigrés et l’Université Saint-Joseph de Beyrouth renforcent leur coopération en matière de diplomatie économique
Le ministère des Affaires étrangères et des Émigrés, représenté par le ministre Youssef Raggi, et l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ), représentée par son Recteur, le Pr François Boëdec, s.j., ont signé un mémorandum d’entente visant à développer la coopération entre le ministère et la Faculté de sciences économiques (FSE) de l’Université dans le domaine de la diplomatie économique, et à renforcer les liens entre l’enseignement universitaire, la recherche appliquée et l’action institutionnelle.
La cérémonie de signature s’est tenue au Rectorat de l’USJ à Beyrouth, en présence du Pr Jean-François Verne, Doyen de la Faculté de sciences économiques, ainsi que de représentants du ministère et de l’Université.
Dans son allocution, le ministre Raggi est revenu sur la dimension personnelle que revêtait pour lui cet événement. Ancien étudiant de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, il a souligné la portée particulière de son retour à l’USJ, cette fois en sa qualité de ministre des Affaires étrangères, pour y signer ce mémorandum d’entente.
Il a insisté sur l’importance croissante de la diplomatie économique, devenue un pilier essentiel de l’action extérieure. Celle-ci ne se limite désormais plus aux dossiers politiques et sécuritaires, mais englobe également le commerce, l’investissement, l’énergie, les technologies, les institutions financières internationales, la sécurité alimentaire et les chaînes d’approvisionnement.
Le Ministre a expliqué que cet accord permettra aux étudiants de la FSE de découvrir de près les mécanismes de fonctionnement du ministère, notamment ceux de la Direction des affaires économiques, et de mettre leurs connaissances académiques à l’épreuve de l’expérience pratique. Il leur permettra également de mieux comprendre la nature et les exigences du travail diplomatique, tout en leur ouvrant des perspectives pour rejoindre, à l’avenir, le corps diplomatique libanais.
Soulignant que l’action diplomatique a aujourd’hui besoin de profils diversifiés, de nouvelles expertises et de jeunes compétences capables de comprendre les transformations internationales et de défendre les intérêts du Liban, Raggi a également mis en avant l’intérêt, pour le ministère, de bénéficier de la recherche académique et des capacités d’analyse offertes par l’Université.
Il a enfin exprimé le souhait que ce mémorandum d’entente constitue le début d’une coopération plus large entre le ministère des Affaires étrangères et les universités libanaises, contribuant ainsi à rapprocher les jeunes des institutions de l’État et à les encourager à s’engager à leur service.
Verne
De son côté, le Pr Jean-François Verne, Doyen de la Faculté de sciences économiques, a souligné que cet accord permettra aux étudiants de dépasser les frontières de la salle de cours grâce à des stages au ministère, à leur participation à des projets de recherche appliquée, à la préparation de notes économiques et de notes de politique publique (Policy Briefs), ainsi qu’à des simulations de négociations internationales. Ces expériences leur permettront de développer des compétences essentielles en matière d’analyse, de synthèse, de communication, de négociation et de participation à la prise de décision. Les étudiants auront également la possibilité de travailler sur des dossiers directement liés au Liban, notamment les relations économiques bilatérales, les accords commerciaux internationaux et les relations avec les institutions financières internationales.
Il a conclu : « Notre ambition est simple : préparer nos étudiants à devenir des économistes capables de comprendre leur environnement national et international et de contribuer, par leurs compétences, à la prise de décision. »
Boëdec
Le Pr François Boëdec a déclaré : « Votre présence, Monsieur le Ministre, donne à cette cérémonie une portée toute particulière. Et je tiens, au nom de l’Université, à vous remercier très sincèrement pour votre présence dans un agenda que je peux deviner chargé, mais également pour votre confiance et votre volonté de renforcer les liens entre nos deux institutions. »
Le Recteur a souligné que l’accord signé dépasse le cadre d’une simple entente entre deux institutions, puisqu’il « traduit une vision simple mais fondamentale : celle d’une université pleinement engagée dans la société et ouverte sur le monde qui l’entoure ». Il a rappelé qu’à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, « notre mission ne se limite pas à transmettre des connaissances. Nous avons également la responsabilité de préparer nos étudiants à devenir des professionnels capables de comprendre leur environnement, de prendre des responsabilités et de contribuer au bien commun ».
Dans le contexte actuel, le Recteur a insisté sur l’importance d’investir plus que jamais dans les compétences de la jeunesse : « Et cette jeunesse nous permet de croire qu’un avenir est possible malgré toutes les difficultés. Le Liban dispose en effet de jeunes femmes et de jeunes hommes talentueux. Notre responsabilité collective est donc de leur donner les moyens de développer leurs compétences et de mettre leur talent au service de leur avenir et, lorsque cela est possible, de leur pays. » Il a conclu son intervention en remerciant toutes celles et tous ceux qui ont contribué à la réussite de cette coopération.
L’accord
Le partenariat vise à offrir aux étudiants de la Faculté de sciences économiques l’occasion d’acquérir une expérience pratique dans le domaine de la diplomatie économique et d’en apprendre davantage sur la nature du travail au sein de l’administration publique. Le mémorandum stipule également l’accueil d’un certain nombre d’étudiants à la Direction des affaires économiques du ministère, dans le cadre de sessions de formation s’étendant de 8 à 12 semaines, leur permettant de se familiariser avec les mécanismes de travail au sein du ministère dans le but de développer des compétences pratiques qui les aideront dans leurs futures carrières professionnelles.
Le partenariat ne se limite pas à la formation pratique, mais comprend également le développement de recherches et de travaux appliqués qui abordent un certain nombre de questions économiques liées au travail du Ministère, telles que les relations économiques et commerciales du Liban et les accords économiques et commerciaux internationaux.
Le mémorandum d’entente a été conclu pour une durée de trois ans, renouvelable par accord des deux parties.
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