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La rumination mentale : un conflit, une bataille, une guerre

Vous qui lisez, oui vous. Je vous mets au défi : essayez de ne penser à rien, oui rien. Pas au noir, pas au mot « rien » mais, littéralement, à rien. Difficile n’est-ce pas ? Voire mission impossible. Qu’en est-il alors des personnes qui pensent trop, les fameux overthinkers ?! Nous parlons fréquemment des guerres dans le monde, voire, des bagarres ou des chamailleries qui éclatent entre les collègues et les ennemis. Cependant, parlons-nous fréquemment de ce qui se passe dans nos têtes ? De ce conflit intérieur, de cette bataille qui fait rage entre nos pensées et nous-mêmes ?

De prime abord, la rumination mentale ou en anglais overthinking, se définit comme la tendance à répéter en boucle des pensées et des émotions provenant d’événements passés, ou émergeant de possibilités futures. Prenons l'exemple de Sami. Sami est une personne ordinaire, telle que vous et moi, qui, il y a une semaine, s’est disputé avec sa copine. Bien qu’ils se soient réconciliés, Sami repense toujours à la situation. Il rejoue le scénario dans sa tête, s’attarde sur chaque détail et se critique constamment. Il essaie de décortiquer la situation afin de déterminer s’il a eu raison ou tort dans chaque interaction. Dès lors, il se trouve noyé dans une mer de possibilités, de « J’aurais dû... j’aurais pu..., il aurait fallu..., ce serait mieux si...» Pire encore, il n’arrive ni à s'en échapper ni à s’en sortir ! Ses pensées le drainent mais il ne peut pas arrêter. Il n’arrive pas à s’arrêter. 

Bien que la majorité de la population ait cette conception erronée, trop penser n’est pas toujours synonyme de problème mental. En effet, dans certains cas, cette sur-réflexion nous permet de mieux nous préparer et de nous améliorer, à condition que ce soit à court terme. Par exemple, j’ai un projet à présenter dans deux jours, ce n’est pas faux d’envisager des scénarios possibles dans le but d’anticiper certaines questions et de mieux me préparer.

Cependant, ruminer ses pensées devient problématique lorsque cela nuit à la personne et à son bien-être, lorsque ces pensées engendrent des sentiments de culpabilité, de stress interminable, d’anxiété, de peur, de désespoir ou même pire. En d’autres termes, lorsque la victime de ce conflit intérieur entre dans un cercle vicieux altérant sa vie quotidienne. C’est précisément dans ce cas qu’il faut absolument agir.

Nombreuses sont les solutions, mais vous devez prendre le temps d’y penser ! Déjà, la plus simple consiste à se distraire par différentes activités tel que travailler, faire du sport, ou prier, … Ensuite, la méditation et les exercices de pleine conscience peuvent aider à canaliser le flot des pensées. De même, extérioriser ses pensées que ce soit en les écrivant sur une feuille ou bien en les racontant à une personne de confiance, permet de se soulager. Enfin, n’hésitez jamais à chercher de l’aide auprès des professionnels de santé mentale tels les psychologues ou les psychiatres. 

 

En conclusion, faisons la paix avec nous-même. Cherchons l’équilibre qui nous permet d’éviter l’entrée dans le cercle vicieux de la culpabilité et des remords. Ce sujet n’est pas un tabou, tout le monde réfléchit bien plus qu’il ne le voudrait et souvent bien plus que la situation ne le mérite. De ce fait, transformons ce conflit continu, cette bataille incessante, cette guerre interminable, en un échange fructueux, paisible, et sincère pour donner la meilleure image et la meilleure version de nous-même.

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