Charbel Feghali
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Le stress, ce rongeur invisible qui s’immisce dans l’esprit humain, nous accable, nous préoccupe et s’impose souvent comme l’un des maux psychiques les plus omniprésents de notre époque. Longtemps considéré comme une simple agitation mentale, il semble n’habiter que les méandres de la pensée et de l’émotion. Pourtant, derrière cette apparente immatérialité se cache une réalité plus troublante : le stress ne s’arrête pas aux frontières de l’esprit ; il peut progressivement impacter la santé physique du corps humain.
Face à une menace ou à une situation perçue comme périlleuse, l’organisme humain mobilise d’abord une réponse immédiate et instinctive : le stress aigu. En quelques instants, le système nerveux sympathique s’active et entraîne une libération d’adrénaline par la médullosurrénale. Par la suite, le rythme cardiaque s’accélère, la pression artérielle s’élève, la ventilation pulmonaire s’intensifie, et les muscles reçoivent un afflux accru d’oxygène et de substrats énergétiques.
Cependant, lorsque cet état d’alerte cesse d’être transitoire, le stress devient alors une condition chronique dont les répercussions dépassent largement la sphère psychique. En effet, l’activation persistante de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien entraîne une sécrétion prolongée de cortisol qui, sous couvert de préserver l’homéostasie, finit par altérer les équilibres les plus fondamentaux de l’organisme. Peu à peu, les effets du stress se déploient dans de nombreux systèmes physiologiques :
- Sur le plan cardiovasculaire, la stimulation hormonale prolongée favorise l’hypertension artérielle et contribue à l’apparition de lésions athéroscléreuses.
- Sur le plan métabolique, elle perturbe la régulation glycémique, provoque une résistance à l’insuline, et participe à une redistribution pathologique des réserves lipidiques notamment au niveau abdominal.
- Par ailleurs, l’action immunosuppressive du cortisol fragilise les défenses de l’organisme, le rendant plus vulnérable aux agents infectieux.
- Elle ralentit également les processus de cicatrisation et de réparation tissulaire.
- Enfin, même les structures cérébrales n’en demeurent pas indemnes : elle peut altérer certaines régions liées à la mémoire et à l’apprentissage notamment l’hippocampe.
Ainsi, ce qui semblait n’être qu’une simple agitation de l’esprit se révèle capable, tant bien que mal, de durablement laisser sa marque sur le corps humain.
En définitive, Le stress ne saurait être réduit à un simple trouble de l’esprit. Derrière cette tension psychologique, se dissimule une réalité biologique bien tangible. L’activation récurrente des mécanismes neuroendocriniens complexes finit par perturber l’équilibre de nombreux systèmes physiologiques. Ce qui apparaît d’abord comme un trouble immatériel se transforme alors progressivement en une contrainte imposée au corps lui-même. Cette interaction constante entre l’esprit et l’organisme rappelle que la santé humaine ne peut nullement être séparée de la santé mentale. Ainsi, préserver l’équilibre psychologique devient indispensable au maintien de l’intégrité physique.
Quand l’esprit rend le corps malade : les effets cachés du stress
Le Liban, qui est incontestablement l’hôpital du monde arabe depuis près d’un siècle, se démarque en tant qu’espace de savoir médical et d’excellence clinique. Cet exploit, réalisé par les soignants et les générations passées, trouve encore et toujours son aboutissement à travers des pôles académiques d’exception, dont l’une des incarnations les plus vénérables et prestigieuses demeure l’Université Saint Joseph de Beyrouth. Reconnue depuis des décennies comme un pilier du savoir académique, l’USJ s’impose aujourd’hui comme un véritable pôle d’excellence. Fidèle à sa vocation humaniste et scientifique, elle a su conjuguer héritage, innovation et ouverture sur le monde, faisant d’elle une institution de référence dans la formation des élites intellectuelles et professionnelles de la région.
Au cœur de cette dynamique, la Faculté de médecine occupe une place centrale. Véritable moteur académique, elle forme des générations de professionnels de santé animés par un profond sens des responsabilités et une solide expertise scientifique. Par la qualité de son enseignement et son ouverture constante à l’innovation, la Faculté de médecine de l’USJ s’érige en modèle de formation médicale moderne, où la maîtrise des savoirs s’allie à une conception profondément humaine du soin.
C’est dans cette dynamique que s’inscrit le Centre de simulation médicale, un espace pédagogique s’étendant sur 2 400 m², conçu pour répondre aux exigences de la formation médicale contemporaine. Pensé comme un environnement complet et immersif, il permet aux étudiants, aux internes, aux infirmières et à d’autres professionnels de s’entraîner dans des conditions cliniques réelles et entièrement sécurisées. Ici, l’erreur n’est plus un échec, mais un outil pédagogique, permettant de comprendre, d’analyser et de progresser.
Le centre regroupe plusieurs unités de pointe, chacune incarnant un aspect essentiel de l’innovation médicale. Le MEDSIM – Ralph Audi constitue le cœur de la simulation clinique, offrant des scénarios réalistes pour le perfectionnement des compétences techniques et de prise de décision. Le ROBOLAP s’est spécialisé dans la chirurgie minimalement invasive et offre son équipement de pointe pour la robotique et la laparoscopie. Enfin, le MICRODEX constitue le centre pionnier de la microchirurgie de la région et il est une référence pour la formation et l’éducation du personnel.
Ainsi, ce centre de simulation est bien plus qu’une simple infrastructure. Il est surtout une vision. Celle d’une médecine projetée dans le futur, créative et redevable. Il incarne l’ambition de l’USJ d’aller toujours au-delà de ce qui est normal et possible, et de former des médecins au service du Liban, de la région et du monde entier.
Le centre de simulation de la FM : là où naît la médecine de demain
« 10 000 pas par jour » est un refrain qui a tellement résonné dans nos tympans qu’on a oublié sa vraie valeur. Depuis notre plus jeune âge, on a tous été amenés à assimiler l’activité physique à un remède miraculeux, une pilule gratuite qui peut éradiquer la majorité des maladies et préserver notre santé aussi bien mentale que physique.
Selon l’OMS, 150 minutes d'exercice modéré par semaine peuvent réduire de 20 à 30% le risque de maladies cardiaques et de diabète de type 2 et 30 à 50% les risques d’hypertension.
Cependant, dans le contexte géopolitique actuel de la région, les exodes forcés et la détérioration des conditions de vie entrainent inévitablement une diminution de l’accès aux activités physiques et une augmentation exponentielle de la sédentarité. On tend tous à se préoccuper de soucis « plus importants », assis toute la journée devant la télé, soucieux du sort des villes bombardées et du destin du pays, oubliant totalement notre propre destin qui s’effrite entre nos mains. Le canapé est devenu une véritable addiction qu’il faut combattre noblement.
Ainsi, en dépit de toutes les circonstances, il serait crucial de réintégrer l’activité physique dans notre quotidien, et ceci grâce à des habitudes simples et durables. Utiliser les escaliers au lieu de monter en ascenseur, marcher pour les petits trajets, consacrer cinq minutes par heure afin de bouger et s’étirer et se fixer un objectif de nombre de pas quotidien pour rester motivé seraient donc des pratiques essentielles pour éviter que notre santé ne se détériore. Il ne faut pas percevoir les heures de sport comme étant des charges de travail forcé, mais plutôt comme des échappatoires qui nous offrent un refuge, où le corps retrouve sa vitalité, loin du tumulte quotidien.
Ainsi, les salles de sport pourraient se transformer en de véritables pharmacies qui offrent des remèdes efficaces à la fois pour les maux physiques et psychologiques. S’adonner aux activités physiques, c’est sculpter une silhouette extérieure certes, mais c’est surtout cultiver un jardin intérieur, laissant faner les fleurs viciées et ouvrant de nouveaux espaces pour d’autres imprégnées d’optimisme et vibrantes d’une foi renaissante.
Chaque pas, chaque mouvement, chaque repas sain et équilibré est une onde de vie qui irrigue le corps et apaise l’âme.