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Ici, l’USJ : soigner l’avenir, même lorsque le présent vacille

Il y a des matins où le ciel du Liban semble ne plus promettre que le fracas et la poussière et où chaque horizon porte l’empreinte sourde de l’incertitude. Dans ce paysage ébranlé par les bombardements, où l’insécurité s’invite comme une présence familière et où l’angoisse rythme notre quotidien, les étudiants de l’USJ poursuivent pourtant leur marche.

Tiraillés entre la fragilité du présent et la persistance d’un rêve, ils apprennent à tenir debout dans un monde qui vacille. Et si la réalité prend parfois les traits d’un paysage presque apocalyptique, leur détermination, elle, ne s’éteint pas : elle tremble, se réinvente, mais refuse obstinément de céder.

Au cœur de cette persévérance, la Faculté de médecine de l’USJ incarne avec une intensité particulière cette lutte silencieuse : celle d’étudiants appelés à soigner, tout en apprenant eux-mêmes à tenir debout. Fidèle à sa mission et à ses valeurs, elle s’inscrit dans la continuité portée par l’USJ, accompagnant ses étudiants avec exigence et humanité.

Face à l’ampleur de la crise, la Faculté de médecine n’est pas restée les bras croisés : elle a choisi d’agir, rapidement et concrètement. Dès les premières heures, la Direction des affaires étudiantes s’est mobilisée pour aller à la rencontre des étudiants, identifier les situations les plus vulnérables et proposer un accompagnement personnalisé, tant sur le plan académique que personnel. Des aménagements ont été mis en place avec souplesse, dans une volonté claire de préserver à la fois la continuité académique et l’équilibre humain.

En parallèle, un dispositif de soutien psychologique structuré a été déployé, mobilisant les ressources de la Faculté et de l’Hôtel-Dieu de France, afin d’assurer une écoute continue, un suivi adapté et une prise en charge accessible en cas d’urgence. Consciente du poids de la situation sur ses étudiants, la Faculté a également instauré des espaces réguliers d’échange, mêlant accompagnement académique, écoute active et moments de recentrage, essentiels dans un quotidien marqué par l’instabilité.

Cet engagement dépasse toutefois le cadre strictement universitaire. À travers l’Opération 7e Jour, née dans le contexte de la guerre de juillet 2006, l’USJ ravive une tradition profondément ancrée dans la solidarité et l’action. Fidèle à cet héritage, le Comité de pilotage, accompagné des cellules étudiantes, s’est mobilisé sur le terrain pour répondre aux besoins les plus urgents. Des distributions de caisses alimentaires ont été organisées au profit de familles durement touchées par la crise économique, tandis que des initiatives locales, portées notamment par des étudiants engagés, ont permis la distribution de kits essentiels dans plusieurs régions.

Par ailleurs, certaines actions ont pris une dimension plus sociale et humaine encore, comme les visites dans des centres d’accompagnement, où étudiants et encadrants ont partagé des moments d’écoute, de sensibilisation et de soutien auprès de jeunes en situation de vulnérabilité. Ces rencontres, au-delà de l’aide matérielle, traduisent une volonté de présence, d’attention et d’engagement envers une société fragilisée.

Ainsi, dans un pays éprouvé, l’USJ, à travers sa Faculté de médecine et ses initiatives solidaires, ne se contente pas d’assurer la continuité académique : elle incarne une communauté debout, unie par des valeurs qui prennent tout leur sens lorsque tout vacille.

Dans un pays aux équilibres brisés, la Faculté de médecine de l’USJ choisit la constance là où tout fléchit. Là où la guerre morcelle, elle tisse ; là où l’incertitude entrave, elle trace des chemins. Former des médecins, aujourd’hui plus que jamais, c’est s’armer de résilience et lutter silencieusement contre l’effondrement. 

Enfin, au cœur du tumulte, une certitude subsiste, indomptable : ici, envers et contre tout, l’avenir s’obstine à naître.

 

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