
« Le Liban est un pays vers lequel les regards se tournent souvent. Nous ne pouvons oublier qu’il est le berceau d’une culture antique et l’un des phares de la Méditerranée. »
C’est par ces mots que Saint Jean-Paul II ouvrit son Exhortation Apostolique « Une espérance nouvelle pour le Liban », publiée à la suite de sa visite apostolique en 1997. Il y invitait le peuple libanais à vivre dans « l’espérance qui ne déçoit point, parce que l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous fut donné » (Rm 5, 5).
Cette Exhortation demeure d’une actualité saisissante. Elle appelle tous les Libanais à emprunter un même chemin : celui de l’espérance. De ce chemin peut naître un Liban renouvelé : un Liban « modèle » pour les pays du Moyen-Orient dans le vivre-ensemble chrétien-musulman ; un Liban où le langage de la paix l’emporte sur celui de la guerre ; un Liban qui soit « plus qu’un pays, mais un message » ; selon la formule désormais historique du Saint-Père ; un message de persévérance face aux tempêtes et aux épreuves. À l’image de Marie, demeurée debout au pied de la Croix malgré la souffrance de son Fils, le Liban est appelé à rester ferme même au cœur de la douleur.
En décembre 2025, lors de sa visite historique au Liban, le Pape Léon XIV est venu raviver ce message d’espérance et de paix, en une période marquée par des crises profondes qui ébranlent notre patrie. Sa présence sur le lieu de l’explosion du 4 août 2020 fut un cri silencieux en faveur de la justice et de la paix. En concluant son séjour par une messe solennelle, il a invité les Libanais à devenir « artisans de paix » et « témoins d’espérance » dans un monde où les armes sont trop souvent érigées en solution aux conflits. Il reprenait ainsi l’appel lancé par son prédécesseur, le Pape François, qui exhortait les fidèles à devenir des « pèlerins de l’espérance » en cette année jubilaire 2025.
L’Histoire témoigne du long calvaire que traverse notre pays. Aujourd’hui encore, les Libanais demeurent prisonniers d’un cycle de crises successives qui fragilise les familles, épuise les ressources et pousse nombre de jeunes à chercher un avenir ailleurs. L’exil devient pour beaucoup une nécessité plutôt qu’un choix. Pourtant, c’est précisément lorsque tout semble s’effondrer que l’espérance révèle sa force transformatrice. Elle n’est ni naïveté ni illusion : elle est une décision intérieure, un engagement à croire que l’avenir peut être reconstruit.
En tant que jeunes Libanais, nous sommes appelés à répondre à cette vocation historique. L’Église, à travers les siècles, s’adresse à nous avec clarté : soyons les témoins de la paix, les pèlerins d’espérance et les bâtisseurs d’un avenir meilleur. L’avenir du Liban ne se façonnera ni dans le désespoir ni dans la fuite, mais dans la fidélité, la persévérance et la foi.
Nos outils sont simples, mais puissants : l’espérance qui nous relève, la persévérance qui nous fortifie et la foi qui nous éclaire.
Répondons à cet appel avec courage. Car le Liban, plus qu’un territoire, demeure une mission, et cette mission commence en chacun de nous.