
Contrairement à ce que la majorité des individus pensent, la cuisine dans les restaurants n’est pas une sorte de « paradis » où la passion règne et où l’ingrédient secret des cuisiniers serait leur amour pour la gastronomie. Il y a une pression énorme sur les acteursdu milieu gastronomique. Cette pression atteintun seuil si élevé que les chefs, serveurs et barmans sont tentés par les drogues afin de maintenir le rythme. En effet, dans le domaine de la restauration et de l’hébergement, une personne sur dix aurait déjà touché à la cocaïne, un taux trois fois plus élevé que la moyenne.
L’ingrédient secret n’est peut-êtrepas l’amour après tout, et le sucre ne serait pas la seule poudre blanche consommée.
Afin de mieux relativiser et comprendre l’ampleur de ce fléau, il faut noter que cette substance a été consommée au moins une fois par 9,8 % des représentants du secteur des arts et du spectacle, 9,2 % dans l’hôtellerie-restauration, 6,9 % dans l’information-communication et 5,6 % dans la construction, contre 3,8 % de l’ensemble des actifs. On remarque que ce taux est particulièrement élevé dans les domaines artistiques et gastronomiques. Mais quelles en sont les causes ? Et pourquoi cela est-il en contradiction avec l’image que nous avons de l’art de la restauration ?
Les causes sont multiples et plutôtlogiques. Ces statistiques et ces informations peuvent paraître choquantes à première vue, mais c’est seulement parce que l’image que nous avons de ce domaine est fausse. Les films et les séries nous ont fait croire que la vie du chef cuisinier, surtout celle des chefs cuisiniers réputés, est une vie de rêve. Toute notre vie, nous sommes envoûtés par une idée parfaitement irréelle. Pour connaître la vie des acteurs du domaine gastronomique, il faut savoir que ces derniers subissent des horairesdécalés, des heures de travailpénibles et des journées difficiles, remplies d’interactions sociales durant lesquelles ils se font parfois manquer de respect. On peut donc imaginer la pression sociale que subissent ces individus et la raison pour laquelle ils recourent aux drogues. En effet, les stimulants, comme la cocaïne, leur permettent non seulement d’augmenter leur productivité, mais aussi de leur remonter le moral : les drogues diminuent le jugement introspectif et font en sorte que l’on ne ressente plus la pression de se conformer aux normes sociales.
Nous savons déjà, à travers les médias, que la violence dans le domaine de la gastronomie, la discrimination et la misogynie sont des réalités vécues, et nous reconnaissons tous l’importance de la lutte contre ces problèmes. Parallèlement, comme la violence était un sujet tabou dans ce domaine et qu’elle a pu se libérer de cette prison grâce aux médias, il est primordial de discuter du sujet de l’addiction dans le domaine de la gastronomie afin de mieuxaider les individus touchés par cetteréalité. L’addiction est particulièrement frappante lorsqu’il s’agit de la cocaïne, mais elle inclut également
de nombreuses substances comme l’alcoolet le tabac, mais aussi les amphétamines, le cannabiset l’ecstasy. Il faut impérativement briser le tabou,surtout
lorsqu’il s’agitde la drogue : c’esten rendant le sujet « normal » dans la société que l’on peut redonner aux personnes victimes d’addiction une vie normale.