
À Tripoli, dans le quartier maritime d’El Mina, existe une tradition à part. Le Zambo n’est ni un simple carnaval, ni un rituel religieux. C’est un moment unique, entre fête et spiritualité.
Son origine reste floue. Selon des récits rapportés par L’Orient-Le Jour, certains pensent qu’il viendrait d’Amérique du Sud, apporté par un émigré revenu du Brésil. D’autres y voient un symbole de mélange et de diversité. Et c’est exactement ce que reflète le Zambo : un mélange de couleurs, de sons et de cultures.
Le 22 février 2026, comme chaque dernier dimanche avant le Carême orthodoxe, les rues d’El Mina se sont remplies de vie. Très tôt, les participants se maquillent, se peignent le corps et portent des costumes originaux. Les tambours résonnent, les chants s’élèvent, et la foule avance ensemble dans une ambiance vibrante. Puis, peu à peu, tout le monde se dirige vers la mer. Le moment final est profondément symbolique : les participants se jettent dans la Méditerranée, laissant l’eau effacer les couleurs de la journée. Ce geste, tel un rite, marque le passage de la fête au calme.
Depuis plus d’un siècle, le Zambo continue de vivre, sans avoir besoin d’être entièrement expliqué. Il rassemble les gens, libère les esprits, et unit deux dimensions essentielles : la joie de célébrer et la profondeur de la foi.