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La maladie d’Alzheimer : accompagner sans oublier

La maladie d’Alzheimer cause bien plus qu’une simple perte de mémoire. Les individus atteints se retrouvent dans une réalité dans laquelle leurs repères temporels, mnésiques et cognitifs sont égarés. Face à l’effacement de leurs souvenirs et la désorientation dont ils sont victimes, l’empathie devient nécessaire. 

Scientifiquement parlant, la maladie d’Alzheimer se caractérise par un déclin progressif et irréparable du fonctionnement cognitif dû à la perte des cellules nerveuses et une altération de la pensée, du jugement et de l’apprentissage. Cela s’accompagne par une augmentation de la confusion , de la défaillance à comprendre le langage et à réaliser des tâches quotidiennes. De surcroit, le taux d’acétylcholine, un neurotransmetteur responsable de la mémoire, l’apprentissage et la concentration, s’amenuise. 

 Plus l’espérance de vie augmente, plus le nombre de personnes atteintes va augmenter,  puisque l’âge est un facteur de risque de la maladie. De plus, les femmes sont les plus touchées car elles vivent plus longtemps. 

La maladie ne se manifeste pas simplement par l’oubli, mais également par une désorientation, un changement de personnalité, des troubles du langage et une difficulté à réaliser les tâches quotidiennes. Les personnes atteintes peuvent commencer à oublier les noms de leurs proches et ont besoin par la suite d’aide pour manger, s’habiller, se laver ou se rendre aux toilettes sinon elles risquent de se perdre en chemin.

L’étiologie de la maladie d’Alzheimer reste inconnue mais les facteurs génétiques jouent un rôle important vu l’implication de plusieurs anomalies génétiques dans le développement de la maladie. Ces dernières peuvent être héritées quand un seul parent porte le gène anormal dominant  : un parent a donc 50% de chances de transmettre ce gène malade à chacun de ses enfants.

De plus, l’hypertension artérielle, le diabète, les taux élevés de cholestérol et le tabagisme sont aussi perçus comme des facteurs de risque de la maladie.

Toutefois, la maladie d’Alzheimer touche également tous les aspects du comportement. Des troubles psychologiques peuvent donc apparaitre. Les symptômes comportementaux qui en résultent sont l’agitation, l’agression, l’apathie, la dépression, le délire, l’anxiété et une perturbation du sommeil. Il est primordial de comprendre que ces symptômes causent plus de détresse psychologique que la perte de mémoire.

D’ailleurs, la famille, les amis et les proches d’un individu atteint sont énormément affectés par ce changement. Quand une maladie est diagnostiquée, elle bouscule également les relations en modifiant les échanges. Il existe alors une crainte de perdre le lien et ne plus se comprendre. Bien que la personne soit physiquement présente, elle ne reste plus la même psychologiquement.

Cependant, le lien affectif ne disparait pas, il s’exprime juste autrement. C’est pourquoi il est impératif de le préserver par l’adaptation, la patience mais surtout l’empathie. Parmi les techniques pour aborder un individu touché, que ce soit par les proches ou les aides-soignants, il faut éviter la critique, utiliser une voix calme et chaleureuse pour communiquer, toujours rester patients et essayer des activités qui font plaisir à la personne atteinte tout en la stimulant intellectuellement. 

L’un des moyens de traiter la maladie est l’administration de médicaments pour préserver la mémoire et améliorer la fonction cognitive. Ces médicaments, même s’ils ne guérissent pas la maladie, vont ralentir l’aggravation de ses symptômes. 

En revanche, le traitement pharmacologique n’est pas le seul à envisager. Parmi les interventions requises, il faut prendre en compte des mesures de sécurité et de soutien pour les personnes atteintes qui peuvent généralement aller mieux dans un environnement joyeux et calme.  Cela va améliorer leur qualité de vie.  Ceci se fait par l’intermédiaire d’activités d’orientation, d’association de mots et de résolution de problèmes pour permettre une stimulation de la mémoire, de l’attention et du langage. 

Les études ont démontré que ce type d’activités permet l’amélioration de la pensée, de la cognition et de l’engagement social ainsi que la réduction des symptômes comportementaux.

Finalement, une part du traitement de la maladie d’Alzheimer repose sur la communication et l’empathie. Il ne s’agit pas seulement de traiter la maladie mais de soigner la personne.

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