
La santé de la société s’appuie sur un système cardinal afin de prospérer dans un monde où l’économie vacille au gré des tensions géopolitiques.
Longtemps, le Liban a été perçu comme un paradis terrestre, au point où il était surnommé « la Suisse du Moyen-Orient ». Ce pays, tant modeste dans sa superficie que riche dans son héritage culturel, a succombé à des désastres socio-politiques. Etouffé par les nombreuses crises économiques, il essaye, non sans mal, de se relever lentement mais surement.
L’économie au Liban, post 2019
L’émigration, première conséquence de la chute de la monnaie
L’enlisement du pays du cèdre dans une crise politique en 2019, n’a bien évidemment pas épargné sa santé économique. Ainsi, face à cette décadence économique fulgurante, des centaines de milliers de jeunes se retrouvent contraints d’émigrer vers des nations plus stables. Tandis que les circonstances socio-politiques démantelaient peu à peu l’espoir d’un avenir meilleur, la dépréciation de la monnaie ne faisait que s’accentuer ; en clair, l’économie libanaise était au bord du gouffre. Depuis, le Liban, par sa résilience qui lui est bien connue, s’efforce de se relever face à l’ampleur considérable des tensions géopolitiques.
Les entreprises dans les vagues de la crise
Les entreprises locales ont été frappées de plein fouet par cette crise et se maintiennent, tant bien que mal. Par ailleurs, certaines ont été soutenues par des initiatives telles que l’Agence Française de Développement (AFD) notamment à la suite de la grande explosion du port de Beyrouth en août 2020. Ce soutien a permis à plus d’une centaine d’entreprises locales de réintégrer le marché libanais. L’ouverture de nouvelles entreprises locales s’amorce graduellement et la consommation locale devient un levier intéressant pour la jeunesse. De plus en plus de jeunes entrepreneurs défient les circonstances et se permettent de rêver sur leur terre bien-aimée, convaincus qu’une nouvelle ère s’installe enfin.
La diaspora, adjuvante de l’économie
D’ailleurs, la diaspora libanaise joue un rôle central dans le maintien de l’économie nationale notamment à travers les transferts financiers et son soutien continu aux ménages. Les acteurs étrangers, quant à eux, contribuent également à l'atténuation des conséquences de la crise, quand bien même leur impact sur la restructuration institutionnelle du pays reste limité.
Aujourd’hui
En dépit des reprises saisonnières du secteur touristique, l’émergence d’une économie stable et durable demeure incertaine. Aujourd’hui, le Liban tente de renaitre de ses propres cendres tout en éduquant une génération qui refuse de se soumettre à des exigences politiques ne s’alignant pas avec ses valeurs. Actuellement, le secteur bancaire fait l’objet de discussions, qui font dialoguer les réformes structurelles aux engagements clairs sur la gouvernance. Toutefois, ces initiatives demeurent à un stade préliminaire et la confiance des acteurs étrangers n’a pas encore été pleinement accordée. Enfin, le pays du cèdre reflète à la fois l’esprit d’un guerrier résilient et patient, car sa nouvelle génération n’a pas encore dit son dernier mot.