
Au début de ce nouveau millénaire, le Campus des Sciences Humaines, tel qu’on le connaît aujourd’hui, venait d’ouvrir ses portes. Toutes les facultés enseignant “ les sciences humaines” quittaient le campus d’Huvelin pour s’y installer. Dans les couloirs de cet ancien hôpital de maternité, trois étudiants observaient la grande cour, vide et marbrée de gris. C’est ici qu’une vision prit racine.
Vingt-trois ans passèrent : les étudiants allaient et venaient, et après l’écoulement d’un siècle entier, la langue française y demeurait vivante malgré l’anglicisation du quotidien libanais. Le labeur finit par porter ses fruits le 21 mars 2023.
Nos trois étudiants, devenus chefs de départements, assistaient à la genèse de leur Éden. Nasri Messara et Christian Taoutel, respectivement chef du département de sociologie et chef du département d’Histoire et Relations Internationales, se trouvaient aux premières loges, sans leur troisième compagnon, Karl Akiki, ancien chef du département des lettres françaises, désormais au Maroc. Ils étaient entourés de plusieurs grandes personnalités, dont le recteur, le Pr. Salim Daccache s.j, la doyenne de la FLSH, le Pr. Myrna Gannagé, ainsi qu’une troupe de diplomates appartenant au GAF (Groupe des Ambassadeurs Francophones). Cela c’est sans compté la foule d’étudiants et d’amis de l’Université Saint Joseph.
Le parc fut arboré de plantations issues des quatre coins du monde. On y aménagea aussi des bancs marqués par les drapeaux des pays francophones. Ce projet a été soutenu par Bruxelles qui avait offert des oliviers ainsi que la Fondation Charles Corm. Durant l’inauguration, deux étudiantes du département des lettres françaises et d’HRI, Myriam Hindi et Sally Nasr, avaient mis en relief le côté serein du parc puisqu’on pouvait « se ressourcer entre les cours dans un espace bucolique et rafraîchissant. Lire, manger et discuter en français, en arabe et en anglais, assis sur les bancs de ce jardin ».
Deux ans plus tard, le jardin continue de représenter la francophonie, racine de l’Université Saint Joseph, accueillant par la même occasion des espèces d’oiseaux ainsi que les chats gambadeurs du campus.