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Saint Augustin ou le père de la théologie occidentale

Qui est saint Augustin ?

Né en 354, Augustin d’Hippone, plus connu sous le nom de saint Augustin, bénéficie d’une éducation à la fois païenne (du côté paternel) et chrétienne (du côté maternel). Grand philosophe et théologien du Moyen-Âge, sa mère, sainte Monique, étant très chrétienne, l’instruit à la lecture afin qu’il puisse lire avec plus d’aisance les textes religieux. D’un parcours philosophique qui s’étend du manichéisme au platonisme, saint Augustin s’oriente finalement vers le christianisme. Bien qu’il n’ait pas vécu la chute de Rome en 476, il a été témoin du sac de Rome en 410. Cet événement l’a poussé à écrire La Cité de Dieu afin de défendre le christianisme contre des accusations selon lesquelles la chute de Rome a été causée par l’abandon des dieux païens.

 

Le christianisme de la grâce et du péché 

Les Confessions de saint Augustin est un livre spirituel. Du latin « confiteor », qui signifie « je confesse», saint Augustin rédige ses péchés. Or, plus il confesse ses péchés, plus il atteste de Dieu : il n’est pas qu’un penseur du péché, c’est un penseur du péché de la grâce. Il entre en relation avec Dieu, en se tournant vers lui-même. C’est la première fois qu’on se tourne vers soi (pour trouver Dieu) : saint Augustin est le fondateur du cogito (augustinien) et nous constatons que le christianisme a introduit la philosophie du sujet. 

 

La haine de la chair et la grâce divine salvatrice

Saint Augustin méprise le corps et éprouve une faiblesse dans la chair, particulièrement dans l’éros. De fait, il met enceinte une concubine, qui accouche d’un fils. Saint Augustin le nomme alors « le fils de mon péché. » Cependant, il explique que la chair et l’esprit sont deux façons de vivre le corps. Ainsi, vivre son corps avec son esprit, c’est donner son corps à Dieu en offrande : on ne peut être sauvé par autre chose que la grâce. Le libre arbitre ne primant pas, la pensée augustinienne souligne que ce n'est pas tout le monde qui n’a pas accès au salut, c’est Dieu qui nous choisit.

 

 

Le péché : la question du mal

Saint Augustin a longuement réfléchi à l’origine du péché. Ayant rejeté la dualité manichéenne entre le bien et le mal, il affirme que le mal est en réalité la privation du bien. Pour lui, le christianisme n’est pas une rupture entre deux mondes (cela s’oppose au platonisme et au mythe de l’attelage ailé), mais deux manières d’être monde. Qu’est-ce qu’être monde ? C’est vivre avec Dieu, en le portant dans nos « cités célestes » respectives. Hegel dit : heureusement que le Christ est mort, car son esprit est partout dans nos corps. Donc, chacun de nous a ses « cités célestes » ; pour trouver Dieu, il faut les chercher en soi. De plus, saint Augustin n’oppose pas la cité céleste et la cité terrestre (vivre renfermé sur soi-même); elles ne sont pas deux différentes façons de vivre séparées l’une de l’autre. Par la suite, le péché se définit par l’auto-enfermement sur soi, par le tiraillement des volontés (bien et mal), sans vouloir que Dieu unisse le tiraillement de ces volontés. Aussi, la connaissance du bien ne veut pas forcément signifier faire le bien ; certains connaissent le bien et décident de faire le mal. Saint Augustin dit que cette malice provient du péché originel, d’Adam qui a péché : c’est le plaisir à faire ce qu’il ne faut pas faire. Le bien et le mal ne sont pas deux volontés qui sont en conflit ; le bien et le mal sont le tiraillement intérieur de la volonté, là où Dieu peut nous rejoindre. Quand le platonisme soutient que nul n’est méchant volontairement, la pensée augustinienne perçoit le péché comme le rejet de Dieu, une volonté de rejeter le bien : saint Augustin est un philosophe de la rupture.

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