Randonnée dans la vallée de Nahr Ibrahim
Randonnée à Nahr Ibrahim
Dimanche 11 Juin 2006, nous nous sommes dirigés vers le caza de Jbeil pour une randonnée qui avait pour point de départ Lassa à 1100 m d’altitude, et point d’arrivée Janneh à 800 m d’altitude, tout cela le long du fleuve Nahr Ibrahim. Cette randonnée était organisée en collaboration avec Liban Trek représentée par M. Michel Moufarrej.
Un pause dégustation de manakish chez Roberto à Feitroun nous permit de faire le plein d’énergie, avant d’arriver à la Grotte de Afqa où nous nous sommes arrêtés pour admirer le flot abondant de la source qui jaillit de la montagne et rafraîchit la nature tout autour. En bon guide, M. Moufarrej nous a fait découvrir les vestiges des temples d’Adonis et d’Astarté détruits sur ordre du Général Romain Pompée et les légendes de cette région, comme celle de Jupiter, qui, jaloux du bel Adonis qui courtisait Astarté à la grotte de Afqa, se transforma en sanglier, attaqua Adonis et le tua. C’est ainsi que son sang colora de rouge le fleuve alimenté par les larmes d’Astarté…
Nous reprîmes la route, en écoutant avec beaucoup d’attention M. Moufarrej citer les villages traversés, expliquer l’étymologie de leurs noms, et nous parler de leurs traditions et des habitudes locales. Nous étions tous séduits par la beauté de la région et regardions avec des yeux émerveillés les richesses naturelles et l’extraordinaire diversité géologique de notre pays .
Arrivés à Lassa et loin de toute âme qui vive, nous avons commencé la randonnée munis de nos bâtons et de nos sacs à dos. Transportés par la beauté du paysage, nous suivions à petits pas notre guide qui donnait des informations sur les différentes espèces de végétations rencontrées en chemin… Là, beaucoup d’entre nous ont commencé à se rappeler, non sans difficulté, les noms de certains arbres, herbes et buissons. Avançant entre les oliviers, les pommiers, les abricotiers, les mûriers, les figuiers…, les arbres séculaires comme les pins, les chênes, les peupliers, les platanes... et les genêts odorants, le fenouil, le thym…, nous nous arrêtions parfois pour les sentir et remplir nos poumons de leur parfum. Sur notre chemin, nous sommes passés à proximité de grands rochers blancs et lisses, surnommés « blatt el kishek » car les habitants du village avaient pour habitude d’y étendre leur kishek. Nous nous sentions comme transportés dans un autre monde. Mais nous sommes brusquement retombés sur terre lorsque nous débouchâmes sur une route en construction au lieu de l’étroit sentier verdoyant que nous suivions plus tôt. Malheureusement, une vraie carrière avait tout érodé, les arbres avaient été déracinés et jetés dans la vallée. Même les bulldozers avaient laissé leurs empreintes partout.
Nous avons continué notre marche et sommes arrivés à Janneh où le fleuve de Nahr Ibrahim coule paisiblement au sein d’une nature flamboyante. Son murmure se faisait entendre de très loin. Hélas ! Quelques familles qui pique-niquaient là avaient pollué les environs en laissant traîner leurs ordures.. L’odeur du meshwi a envahi nos narines alors que la musique des radios troublait le silence paisible de la vallée. Nous nous sommes éloignés un peu pour nous arrêter longuement à l’ombre des arbres où une douce brise vint nous rafraîchir après la chaleur de la matinée. Là, nous avons dégusté notre goûter, en écoutant enfin le chant mélodieux des oiseaux et le bourdonnement des insectes tout autour.
Pour finir, nous avons traversé le fleuve sur une passerelle pour arriver de l’autre côté de la rive et rejoindre le bus. Quelle étrange sensation de sentir le fleuve couler sous nos pieds ! Nous avions l’impression que la passerelle était entraînée par l’eau nous entraînant à son tour avec elle…
Cette randonnée nous a permis de remplir nos poumons de l’air pur de nos montagnes et de nous imprégner de la beauté sauvage des paysages, si différente de nos villes de béton. Elle nous a également donné à réfléchir sur les actes des hommes qui, pour satisfaire leurs besoins, détruisent et polluent la nature.
Sur le chemin du retour, fatigués mais heureux, nous nous sommes arrêtés chez « le Crémier » pour nous rafraîchir et déguster sa fameuse glace, en regrettant de voir se terminer cette merveilleuse journée qu’on aurait aimé partager avec un plus grand nombre de pharmaciens et leurs familles.
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