Le couple et sa pérennité
Cercle d’études psychanalytiques - VIIe journée d’étude
« On n’attelle pas au même timon le cheval fougueux
et la biche craintive. »
Ivan Tourgueniev, Scène de la vie russe. Les deux amis.
La fréquence dans le monde contemporain, surtout dans les pays dits développés, de la fracture des couples in ou hors mariage, pourrait laisser penser à une crise ou à un défaut fondamental dans la communication interpersonnelle au sein de ce duo où chacun noue sa relation à l’autre en fonction de ce qu’il est, de son passé, de son présent et de ses attentes. Selon quelles normes s’effectue le choix de deux partenaires ? Quelle place pour la décision volontaire dans cette option ? Comment ce qui est distinct pourrait-il s’unir et s’harmoniser dans et par-delà le sexuel ? Et s’il faut que le couple dure autant pour le bien-être des deux partenaires et de la famille qu’ils peuvent constituer que pour l’équilibre social ou la continuité de l’espèce, en conformité avec l’une des fonctions de l’Eros, quelles conditions poser pour le succès d’une certaine pérennité ?
Notre réflexion à plusieurs voix portera, cette année et pour la septième journée d’étude, sur la nature profonde du couple humain et sur les conditions de sa permanence dans le temps, si tel pouvait être son destin alors que le champ du choix objectal est aujourd’hui largement ouvert et que s’affirme de plus en plusla nature polygame du sujet humain. Pouvons-nous rejoindre Jean Giraudoux quand il affirme : « Il n’y a jamais eu de créature. Il n’y a jamais eu que le couple. Dieu n’a pas créé l’homme et la femme l’un après l’autre, ni l’un de l’autre. Il a créé deux corps jumeaux, unis par des lanières de chair qu’il a tranchées depuis, dans un accès de confiance, le jour où il a créé la tendresse ». Jean Giraudoux, Sodome et Gomorrhe, acte II)
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