Le Liban à l’honneur aux Journées missionnaires 2026 de Franklin
Le Liban à l’honneur aux Journées missionnaires 2026 de Franklin
Du 26 au 31 mai 2026, le collège Saint-Louis de Gonzague – Franklin à Paris a organisé ses traditionnelles Journées missionnaires autour du Liban, pays à l’honneur cette année. Placée sous le thème « En Celui qui est Un, soyons un » (In illo uno unum), devise pontificale du pape Léon XIV, cette édition a offert un temps de rencontre, de réflexion et de solidarité en faveur des œuvres jésuites au Liban.
Grand témoin des Journées missionnaires, le père Jad Chébly, s.j., Aumônier général de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, a partagé un témoignage à la fois spirituel et humain sur la situation du Liban et sur la mission éducative portée par les institutions jésuites. Le Pr François Boëdec, s.j., Recteur de l’USJ, a également pris part à cet événement, témoignant des liens profonds qui unissent l’USJ et les jésuites de France.
Dans ses interventions, le père Chébly a rappelé que le thème choisi cette année renvoie au cœur même de la foi chrétienne : l’unité. Il a souligné qu’il ne s’agit pas d’une unité de façade, ni d’une simple uniformité, mais d’une unité relationnelle, fondée sur l’écoute, le respect et la reconnaissance de l’autre dans sa différence. « Être missionnaire aujourd’hui, a-t-il expliqué, ce n’est pas seulement aller vers l’autre ; c’est aussi apprendre à vivre ensemble autrement, à construire des ponts là où il y a des murs, à choisir la communion plutôt que la fragmentation. »
Le P. Chébly a insisté sur le fait que ce thème ne devait pas rester un simple slogan, mais devenir un véritable chemin de vie, exigeant et profondément évangélique. En s’appuyant sur l’image de la Trinité, il a invité les participants à devenir, à leur tour, des artisans de paix et des témoins d’espérance dans un monde traversé par les divisions.
L’un des moments forts de ces Journées missionnaires fut la Messe des Missions, célébrée le 31 mai. Dans son homélie, le P. Chébly a livré une méditation forte et lumineuse sur l’espérance chrétienne face aux souffrances du monde, en particulier celles du Liban. Partant de la parole de l’Évangile — « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » — il a évoqué les questions qui habitent tant de peuples éprouvés par la guerre, les crises et les séparations : où est Dieu lorsque le monde souffre ?
Répondant à cette interrogation, il a rappelé que Dieu ne répond pas à la souffrance par un discours, mais par un don : celui de son Fils. Dieu n’envoie pas son Fils dans un monde idéal, a-t-il souligné, mais dans une histoire blessée, marquée par les tensions, les violences et les épreuves. Pour le père Chébly, c’est précisément là que se révèle la profondeur de l’espérance chrétienne : croire que Dieu demeure présent au cœur même des blessures du monde et qu’il continue d’ouvrir un chemin, même lorsque tout semble obscur.
Développant cette réflexion, il a affirmé que l’espérance ne consiste pas à nier les difficultés ni à prétendre que tout ira bien demain, mais à croire que la guerre, la haine et la mort n’auront jamais le dernier mot. Ce dernier mot appartient toujours à Dieu, et ce mot est la Vie. Il a ainsi donné à l’assemblée une parole de foi ancrée dans la réalité, en évoquant la persévérance des familles libanaises, des jeunes qui continuent à étudier, à créer et à rêver, et de tous ceux qui refusent de laisser la souffrance définir leur avenir.
Les Journées Missionnaires ont également été marquées par plusieurs temps forts autour de la culture, du dialogue et de la solidarité. Des rencontres et des échanges ont permis de mettre en valeur la richesse du Liban, son patrimoine humain et spirituel, ainsi que les défis auxquels il demeure confronté. La présence de personnalités invitées, parmi lesquelles Rima Abdul Malak, directrice exécutive du groupe L’Orient-Le Jour et ancienne ministre française de la Culture, et Joseph Maïla, directeur du pôle « Géopolitique et médiation » de l’Institut de recherche et d’enseignement sur la négociation à l’ESSEC, a contribué à enrichir ces moments de partage pendant la table ronde à laquelle ont participé également le Pr Boëdec et le P. Chébly.
Une vente aux enchères solidaire ainsi qu’un dîner inspiré des saveurs libanaises ont été organisés au profit des œuvres jésuites au Liban. Les fonds récoltés viendront soutenir des initiatives éducatives et sociales menées par l’USJ, le Collège Notre-Dame de Jamhour et l’ONG Al Mazeed.
En organisant ces Journées missionnaires, le collège Franklin a ainsi voulu manifester sa proximité avec le Liban et avec les missions des jésuites dans ce pays, dans un esprit de fraternité et de responsabilité partagée. Cet événement a rappelé que l’éducation, la foi et la solidarité demeurent des chemins concrets pour bâtir l’unité, soutenir l’espérance et accompagner les jeunes dans un avenir plus juste.
L’Université Saint-Joseph de Beyrouth adresse sa profonde gratitude au collège Franklin, à l’ensemble des organisateurs et à tous les participants et donateurs pour cette belle initiative, qui a fait rayonner le Liban au cœur d’un élan de communion et d’espérance.
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