« Ô temps, suspends ton vol »*
Que de fois, noyés dans des moments de bonheur éphémère, avons-nous souhaité que les aiguilles de la montre se figent, que le temps qui file à toute allure suspende son vol ? Et voilà que, de la façon la plus inattendue qui soit, la planète tout entière semble arrêter son mouvement, que le vent semble retenir son souffle, que le soleil n’ose plus darder ses rayons pour réchauffer une population, tout à coup frigorifiée.
Passé le premier moment de choc, puis de peur, nous nous sommes secoués, avons rejeté loin de nous, l’ébahissement qui arrondissait nos prunelles et faisait fléchir nos genoux. Il « fallait » se secouer, continuer à avancer contre vents et marées. Comment ? Par de nouveaux moyens, en empruntant de nouveaux sentiers qui puissent mener aux mêmes destinations.
Moodle, Zoom, Teams, présentations animées et commentées de Power Point, courriels et WhatsApp furent très vite adoptés. Objectif ultime : exécuter à distance ce qui aurait dû être fait en face à face. Les enseignants et les étudiants furent, sans tarder, formés à l’enseignement en ligne et les cours démarrèrent. Créativité et motivation étaient les maîtres-mots. Paradoxalement, nous nous sentîmes plus proches les uns des autres, attentifs et animés d’une farouche volonté visant à dispenser la meilleure formation et à faire preuve de la meilleure écoute malgré les circonstances extraordinaires que nous partagions.
Au moment de clore le semestre académique, nous essayons de nous armer de foi et de regarder l’avenir avec espérance, confiants dans le fait que « l’aurore va dissiper la nuit *»!
Gina Abou Fadel Saad
Doyen de la FdLT
Directrice de l’ETIB
* « Le lac », Alphonse de Lamartine
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