Nouveaux diplômés en médiation : « armée travaillant pour la paix et la citoyenneté »
Juristes, enseignants, directeurs de ressources humaines, acteurs de la vie associative, ingénieurs, employés et responsables de banque, acteurs provenant du monde de la santé et officiers des Forces de sécurité intérieure, des profils professionnels variés qui seront les médiateurs de demain. Ce sont les 54 nouveaux diplômés du Centre professionnel de médiation qui ont célébré le début d’une nouvelle aventure professionnelle lors d’une cérémonie le 24 octobre 2018.
Dans son mot prononcé à cette occasion, Mme Johanna Hawari-Bourjeily, directrice du Centre professionnel de médiation de l’USJ a invité les nouveaux diplômés à la pratique de la médiation dans leurs domaines d’activités respectives, qu’ils proviennent du secteur de la santé, de la communication, des arts, de l’éducation, du droit, de l’entreprise, des ressources humaines etc.
Et de préciser : « Pour les juristes : un boulevard d’opportunités s’est ouvert devant vous avec le vote, il y a quelques semaines, de la loi sur la médiation judiciaire, dont le CPM était à l’initiative avec le dépôt du premier projet de loi en 2009 ; pour les Forces de sécurité intérieure : ce sont 6 officiers diplômés en médiation cette année et 6 nouveaux officiers en cours de formation. Je suis sûre que vos actions et interventions permettront d’apaiser les relations et de consolider la confiance avec les citoyens ; pour les acteurs du monde de l’éducation : je vous invite à rejoindre nos équipes qui travaillent activement au sein des 28 écoles publiques et privées partenaires du CPM au Liban et cette année en Arabie Saoudite, au sein du Lycée Français de Djeddah ».
« Nous sommes également très fiers du renouvellement de notre partenariat avec le Syndicat des employés des banques au Liban qui s’est concrétisé par la formation en 2 ans, de 3 membres, qui pourront œuvrer au sein de l’unité de médiation créée, cette année, en collaboration avec le CPM », a-t-elle ajouté.
Prenant la parole à son tour, Pr Salim Daccache s.j., recteur de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, a d’abord félicité les diplômés avant de souligner : « Le Centre professionnel de médiation n’a pas cessé, depuis son existence et son fonctionnement comme centre d’enseignement et d’apprentissage, de former et de diplômer ces héros et héroïnes humanistes qui rayonnent par ce qu’ils savent faire et entreprendre en termes de médiation et de négociation dans les situations les plus difficiles ».
Le CPM rayonne, a-t-il poursuivi. Comment oublier la loi qui vient d’être récemment votée par le parlement libanais sur la médiation juridique, porte nécessaire et officielle sur laquelle les sociétés étrangères et même locales peuvent s’appuyer pour régler les conflits et les problèmes de tous genres pour ne pas glisser dans des procès et des procédures juridiques coûteuses et infinies. Je suis témoin que le CPM et ses responsables ont milité pour que cette loi sorte et devienne réalité ; comment ne pas souligner l’accord et le partenariat récemment conclus avec l’UNDP dans le cadre du projet « Community, security and access to justice », dont l’objectif est de former, entre autres, les policiers municipaux aux techniques de gestion amiable des conflits et de communication et d’intégrer la formation à la médiation au sein de l’Institut de formation des membres des Forces de sécurité intérieure.
Pr Daccache a aussi rappelé qu’un autre partenariat vient d’être signé avec le Bureau de la pastorale maronite du mariage et de la famille, rattaché au siège patriarcal de Bkerké, « signe que la médiation, telle qu’elle est conçue par le CPM, trouve des échos au niveau de centres religieux cherchant la sauvegarde de l’institution du mariage dans des moments où les couples se défont pour des raisons bien banales comme pour des raisons bien profondes ».
Et le recteur de conclure : « C’est à travers vous, les diplômés d’hier et d’aujourd’hui, cette sympathique et intelligente armée travaillant pour la paix et la citoyenneté que le CPM grandit ! »
À la question qu’elle s’est posée : « Qu’avons-nous appris au CPM durant cette année ?, l’étudiante Marie-Claude Abou Fadel de la11e promotion du CPM de Beyrouth a répondu : « Nous avons appris que le conflit n’est pas une fatalité. Que la rupture n’est pas toujours une solution. Que la non-violence n'est pas faiblesse, que les mots sont des fenêtres et qu'ils peuvent être des murets que le dialogue est toujours possible. Nous avons appris que même le silence peut en dire long et remplacer des mots inutiles ».
Enfin, l’étudiante Noura Assaf de la 7e promotion du CPM de Tripoli a déclaré : « Nous avons découvert comment écouter les autres objectivement et les encourager à exprimer leur ressenti ; à aller vers eux avec bienveillance afin de renouer un dialogue qui semblait impossible, et ceci avec la maîtrise d’un bon médiateur. Nous avons aussi appris à mieux gérer nos conflits intérieurs ; et avons été particulièrement sensibilisés par les principes de la communication non-violente et nous espérons vivement qu’elle sera un jour promue dans le cursus scolaire ».
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