De l’identité et du sens
La crise que traversent les identités nationales aux États-Unis et en Europe n’enlève rien à l’attrait que l’Occident ne cesse d’exercer sur le reste du monde, du fait qu’il demeure le champion de la science et de la technique et le promoteur privilégié de la modernité. Résolument engagés dans le processus de modernisation, les pays d’Asie cherchent à redéfinir leurs identités nationales tout en sauvegardant leur spécificité. Les pays d’Amérique latine s’efforcent d’émanciper leurs identités nationales, longtemps vassalisées par les États-Unis et, en partie, par l’Europe. Les pays d’Afrique tentent de construire leurs identités propres au croisement de la modernité occidentale et des traditions autochtones. Dans les États binationaux, l’identité nationale peine à l’emporter sur les allégeances communautaires, tandis que, dans les États issus de l’effondrement des fédérations communistes, elle demeure instable, voire incertaine. C’est dans ces contextes collectifs différenciés et mouvants que les ressortissants des diverses nations, soucieux de construire leur identité personnelle et de réaliser leur idéal d’authenticité, adoptent, interprètent et modulent les concepts de la modernité relatifs à la citoyenneté et à la nationalité, à l’intégration et à l’acculturation, aux défis et aux dérives de la science, aux valeurs controversées de l’humanisme, aux diverses formes de la transcendance, aux recherches éthiques contrastées, à la relation à soi et à l’autre, à l’expérience du mal et de la souffrance. Au-delà des choix et des déterminations qu’implique un tel processus, la quête d’identité est indissociablement liée à la finitude de l’homme et au sens qu’il donne à sa vie et à sa mort.
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