Lire pour mieux résister à la guerre
Annuler ses sorties, remettre à plus tard un anniversaire, s’assurer que la fête est toujours maintenue… Tous ces petits réflexes sont désormais devenus des habitudes à part entière de notre quotidien. Il est normal en temps de guerre d’adopter ces gestes afin de se protéger, mais dans l’ombre, la culture en pâtit.
C’est dans cette optique que l’Agence universitaire de la francophonie (AUF), l’Institut français du Liban (IFL) et l’Académie Goncourt ont décidé de maintenir l’élection du choix Goncourt de l’Orient cette année quitte à la faire en ligne. Dans une mer d’incertitudes aux vagues titanesques, nous avons besoin d’un phare qui nous guidera à travers la tempête.
Certaines personnes lisent lorsqu’elles sont de bonne humeur, d’autres pour se détendre. Je fais partie de cette deuxième catégorie de personnes qui ont besoin de lire pour s’évader.
Je n’attends pas le moment opportun pour lire. Non, je me mets à lire, qu’importe la situation. Là où les réseaux sociaux et leurs notifications incessantes aliènent l’esprit, la lecture tisse un univers apaisant aux multiples facettes.
Ainsi, être jurée pour le choix Goncourt de l’Orient m’a permis de garder la tête hors de l’eau alors même que le Liban vivait ses heures les plus sombres. J’ai particulièrement apprécié « La collision » de Paul Gasnier qui m’a émue au point d’y repenser tous les jours.
Les œuvres de la sélection du Goncourt étant des contemporains, lire un livre à l’univers fictif n’est pas nécessaire. Le plus important est de lire des ouvrages qui nous plaisent que ce soient des romans policiers, des mangas, de la romance ou même des essais.
Sous-estimer le pouvoir de la lecture est une grande erreur : elle est l’arme qui nous permet de nous ouvrir au monde et d’apprendre à mieux le cerner, tout en nous chouchoutant telle une mère qui câline son enfant.
Rawan Halawani
L6
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