Toujours connectés aux cours ?

29 avril 2020

Après les grèves et la révolution, l’année scolaire 2019-2020 fait face à un nouveau défi : le coronavirus. Les établissements scolaires ont fermé leurs portes depuis début mars dans le cadre des mesures préventives pour contenir la propagation du virus. Mais malgré les circonstances, les cours seront toujours assurés via Internet.

Dring !! Dring !! Comme chaque matin, le son assourdissant de l’alarme annonce le début de la journée. A huit heures pile, les cours reprennent leur rythme habituel. Exceptionnellement, l’utilisation des laptops, tablettes et portables sera permise. D’ailleurs, le confinement ne laisse pas d’autre choix pour sauver l’année scolaire. Si quelques institutions ont pu rattraper les cours ratés pendant les mois d’octobre et de novembre derniers en raison des contestations, d’autres sont en retard. Cette situation constitue un facteur de stress pour les élèves et leurs parents.

Dans un premier scénario, les élèves sont détendus. Ils vivent des vacances qui sont  interrompues par quelques devoirs et vidéos informatives envoyés sur Whatsapp et des sessions de cours en ligne. Or dans ce cas, certains parents sont excédés. « C’est difficile de convaincre Youssef de se concentrer sur les études quand il y a plusieurs sources de distraction autour de lui », déclare Amal, mère d’un enfant de 10 ans.

Dans un deuxième scénario, les élèves sont anxieux. Il s’agit de ceux qui doivent présenter les examens officiels, et surtout le baccalauréat qui est une phase transitoire et importante dans leur vie. Entre pétition pour annuler les examens officiels ou insistance pour leur déroulement, la motivation et l’engagement des élèves commencent à diminuer de jour en jour.  « J’essaye de garder le moral et de me préparer très bien dans tous les cas », affirme Ali, 18 ans.  « Au moins maintenant j’ai l’option d’assister aux cours en pyjama », ajoute-il en rigolant.


Une première pour les écoles libanaises

Le concept de l’enseignement à distance n’est pas répandu au sein des écoles libanaises et il était loin de le devenir. Aujourd’hui, ce concept vient s’imposer  au Liban malgré les problèmes de connexion et le manque d’outils et de formation des enseignants. Après deux semaines de confinement, les établissements privés et quelques établissements publics ont décidé de se jeter à l’eau en essayant de fournir des cours à distance pour la première fois.

En théorie, c’est une tentative efficace vu que les applications et plateformes utilisés sont gratuites, faciles à utiliser et accessibles à la majorité de la population comme Zoom et Microsoft Teams. Cependant, même les personnes qui disposent des appareils nécessaires se plaignent de plusieurs problèmes liés aux coupures d’électricité et à la lenteur de la connexion. Ce n’est pas par hasard que le gouvernement a tenu à ce que la chaîne nationale diffuse des cours télévisés qui sont adressés aux élèves de brevet et du bac. « Le e-learning est une bonne méthode pour avancer dans le programme », signale Léa, 16 ans. « Par contre, j’ai du mal à suivre les explications du prof parfois quand ça se déconnecte constamment ».

Après la reprise des cours, le développement des cours en ligne risque d’être freiné pour différentes raisons. L’application de ce concept reste imparfaite mais elle remplace les cours présentiels à un certain degré. À distance, l’éducation n’a jamais été aussi proche !                                           

Rawan Mohti

M2 - Traducteur-Rédacteur